La règle, l’exception et la mouche qui pète

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La question de la règle déchaîne souvent les passions et rares sont les équipes qui ne font pas régulièrement des crises « d’addiction à la règle ».

En manque, les équipes menacent leurs managers en les accusant de négligence, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez fermes bref, de ne pas définir de règles, UNE BONNE FOIS POUR TOUTE.


En général, ces épidémies s'arrêtent net dès que les équipes se retrouvent face à une règle qui ne va pas dans leur sens. D’un coup d’un seul, les accusations de laisser aller font place à la dénonciation d’une tyrannie qui ferait passer les nations les plus autoritaires pour des salons de beauté.


Dure est donc la vie du manager. Tantôt accusé d'être mou ou de ne pas être capable de décider, tantôt être accusé d'être un despote empêchant les équipes de travailler. La question de la définition des règles est souvent parasitée par d’incessant débats.


Elle est compliquée, tout simplement parce que nombreux sont ceux qui croient en la possible existence d'une règle juste et absolue qui mettrait fin à tout débat. Une règle qui s’impose d’elle-même, aussi évidente que…que….


Que rien en fait !


Disons-le tout de suite la règle juste et absolue qui couvre l'intégralité des problèmes, à laquelle on peut se référer les yeux fermés, eh bien, elle est comme le yéti, comme un match de rugby sans troisième mi-temps, comme la mouche qui pète… Personne ne l'a jamais vu !


Puisque nous sommes dans les chimères et autres animaux fantastiques, une règle ressemblerait finalement plus à un dahu, cet animal imaginaire qui a les pattes d'un côté plus courte que l'autre. Il est parfaitement adapté à parcourir le flanc de la colline dans un sens, mais pas dans l'autre.


Une règle c’est comme un dahu, ça n’est jamais adapté à toutes les situations.

Remettons-la donc à sa juste place, celle d'un outil qui va régler 85% à 95% de situations et permettre d'identifier les 5% à 15 % des exceptions à faire.

Des exceptions qui seront clairement identifiées et expliquées comme telles aux équipes pour éviter les tensions.

Au-dessus de 10 % d'exceptions, il faut peut-être envisager de faire évoluer changer la règle, mais en dessous, elle est très bien. Une règle avec moins de 5% d'exceptions me semblerait déjà relever de la légende urbaine.


Une fois le deuil de la règle parfaite dépassé, il reste une question.

Comment définir une règle ?


Tout d'abord, en confrontant son équipe et en expliquant clairement que « NON MAIS ALLÔ QUOI… LA RÈGLE MAGIQUE N’EXISTE PAS !!!!!!!!! ».


Ensuite, il faut se poser la question de la façon dont on définit une règle. Il faut s'extraire du débat et parfois de l'agitation ambiante. Il faut faire l'effort de se laisser guider par les faits, par la récurrence des situations, par le nombre de dysfonctionnements et leur gravité et trouver un équilibre entre les deux.


En vous présentant face à votre équipe comme la personne qui définit les règles, vous serez à coup sûr parasitée par toutes sortes de débordements affectifs, de tentatives d'influence pour que la règle aille dans le sens d'un intérêt particulier.

Vous serez accusé parfois d'être un tyran et parfois d'être un lâche, mais surtout, tenez bon et écoutez les propos des uns et des autres avec distance.


En clair, ne prenez pas les récits pour des lanternes.

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